Ce matin, je me suis réveillée tôt, as usuaI. Trop tôt, avec un mal de tête de lendemain de veille sans la veille. Alcool ou pas, c’est la tête lourde que je reviens à la vie. J’ai eu quelques semaines depuis le début de l’année plus sereines, mais c’est comme le reste, il y a des hauts et des bas.
Besoin de désintoxiquer mon corps. Trop… de gras, de mauvais éléments. Je remets ma centrifugeuse à contribution. Depuis que j’ai appris que mon problème de santé vient de la vésicule biliaire et non du foie, j’ai négligé un peu. Pourtant, je venais d’avoir un sérieux avertissement. Je ferais bien de l’écouter.
(concernant mon rendez-vous avec le chirurgien pour savoir si on fait enlever la vésicule ou pas, le 1er rdv a été annulé par lui à la dernière minute, et pour le second je n’ai pas pu y aller à cause de ma crevaison. C’est remis à dans deux semaines… s’il arrive quelque chose encore une fois, j’en concluerai que ça ne vaut pas la peine de consulter!).
Je me suis levée aussi avec des pensées. Des larmes. Bien étendue dans mon lit entre le sommeil et l’éveil, j’avais des souvenirs des derniers moments de notre vie à deux. Pensées obsédantes. Désintoxiquer mon âme aussi. Je me suis levée et j’ai écris (en buvant un jus frais de mangues et raisins). Écrit comment je me sentais, et je trouvais ça curieux que les mauvaises émotions qui m’assaillent de temps en temps soient mises de côté à chaque rencontre avec l’ex, alors que l’on parle cordialement et qu’on se fait la bise comme de vieux amis. Je me suis rendue compte que j’avais pardonné à mon ex-mari. Pardonné parce que le contraire aurait été trop lourd à porter et que les enfants en auraient soufferts, parce que tout ce qui est arrivé est survenu parce que nous en étions là, comme couple, parce que …
Je lui ai pardonné, mais je ne me suis pas pardonné, à moi. Il est temps que je le fasse.
Passé les premiers moments de désarroi, les enfants se sont glissées dans la nouvelle vie avec aisance. Je suis impressionnée par le calme et le plaisir qu’elles ont à vivre la nouvelle routine. Une semaine avec maman, une semaine avec la nouvelle petite famille: papa, blonde, demi-frère et demi-soeur. Maintenant, elles ont deux parents complets à temps partiel au lieu de parents partiels à temps plein. J’aime mes enfants. Je les admire et je suis fière et heureuse de leur capacité d’adaptation. Elles ne voudraient pas que les choses soient autrement et elles le disent. Une amie me demandait l’autre jour à quel âge les enfants pouvaient décider elles-mêmes de la garde. Ma grande l’a regardé et lui a dit qu’elles ne voulaient pas ça autrement, avant de retourner jouer.
Dans les premiers temps, je n’étais pas d’accord. Pour tout plein de raisons. Et je voulais qu’on demande aux filles ce qu’elles préféraient. Mais je me suis rendue compte, en me mettant à leur place, que ce serait leur demander de choisir entre leur père et leur mère. Et c’est quelque chose que je ne ferai jamais. La décision de divorcer concerne les parents. Les enfants n’ont pas à être prises là-dedans.
Je suis heureuse. Je le serai plus quand j’arriverai à me pardonner… et à cesser de rabâcher les mauvais souvenirs. Je vis, je cumule des expériences positives et négatives et j’apprends à mettre mes limites. Ainsi je gagne en force. Avant, mes échecs répétés me rendaient amères, maintenant j’en tire des leçons et je progresse.
Je relisais quelques pages de mon journal ce matin. Il y a à peine un mois, alors que j’avais entrepris les rénovations de ma maison et l’installation de ma nouvelle vie, j’avais si peur… peur de perdre la maison. De ne pas y arriver. Ce ne sera pas facile, je ne me ferai pas croire le contraire, mais je sais maintenant que je vais y arriver.
J’ai trouvé une locataire pour la chambre. Ça aussi ce sera une bonne chose. M. est toujours là et j’apprends à vivre avec son amitié, une amitié neutre alors que j’ai toujours pensé que le rapport homme-femme était teinté de désir plus ou moins fort. J’apprends à doser la présence, le besoin de, l’absence, la peur du rejet. J’apprends à me faire confiance aussi. J’ai fait faire des prix pour la peinture de mon salon avec plafond cathédrale et j’ai rappelé l’excellente compagnie qui est venue changer ma toile l’année dernière pour qu’ils viennent ouvrir ma piscine. Tranquillement. Je désencombre. Je ne suis pas vite, mais je vais de l’avant. Et c’est l’important.